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Droits du locataire en cas de vente du logement - préavis et droit de préemption

Droits du locataire en cas de vente du logement : ce que dit la loi

Publié le : 22/05/2025 22 mai mai 05 2025

Votre propriétaire vous annonce qu'il met en vente le logement que vous occupez. Quelle est votre situation exacte ? Pouvez-vous rester ? Avez-vous la priorité pour acheter ? Peut-il vous expulser ? Voici ce que prévoit la loi et ce que vous devez faire pour protéger vos droits.
 

La vente ne met pas fin automatiquement à votre bail

C'est le principe fondamental : la vente d'un bien immobilier ne rompt pas le bail en cours. Que le logement soit vendu occupé ou libre, vous bénéficiez de protections précises prévues par la loi du 6 juillet 1989.

Deux situations sont possibles selon l'intention du propriétaire :

  • Vente occupée : le logement est vendu avec vous dedans. Le nouveau propriétaire reprend le bail à l'identique : mêmes conditions, même loyer, même durée restante. Vous n'avez rien à faire et ne pouvez pas être expulsé.
  • Vente libre : le propriétaire souhaite vendre sans locataire. Il doit alors vous donner congé dans les formes légales, avec un délai de préavis strict, et vous disposez d'un droit de priorité pour acheter.
 

Vente occupée : vos droits en tant que locataire en place

Si le propriétaire vend sans mettre fin au bail, le nouvel acquéreur devient votre nouveau bailleur. Il est tenu de respecter intégralement le contrat en cours.

Ce qui ne change pas pour vous

  • Le montant du loyer et les modalités de révision
  • La durée restante du bail (3 ans pour un logement vide, 1 an pour un meublé)
  • Toutes les clauses du contrat signé à l'origine

Visites d'acheteurs : quelles règles ?

Le propriétaire a le droit d'organiser des visites pour les potentiels acheteurs, mais dans des conditions encadrées :

  • Maximum 2 heures par jour, en jours ouvrables uniquement
  • Vous devez être prévenu à l'avance dans un délai raisonnable
  • Vous ne pouvez pas refuser les visites, mais vous pouvez exiger le respect de ces règles
 

Congé pour vente : préavis, forme et droit de préemption

Si le propriétaire souhaite vendre le logement libre de toute occupation, il doit vous donner congé. Ce congé obéit à des règles strictes dont le non-respect le rend nul.

Le délai de préavis

  • Logement vide ( résidence principale ) = 6 mois avant la fin du bail 
  • Logement meublé = 3 mois avant la fin du bail 

Le congé doit être notifié par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte d'huissier, ou remis en main propre contre émargement. Tout congé donné hors délai ou sans respecter ces formes est nul et sans effet : vous pouvez rester et votre bail est renouvelé automatiquement.

Votre droit de préemption : la priorité pour acheter

Lorsque le congé vous est donné pour vente, vous avez automatiquement la priorité pour acheter le logement, avant tout autre acheteur. C'est ce qu'on appelle le droit de préemption du locataire (article 15 de la loi du 6 juillet 1989).

Le courrier de congé doit obligatoirement mentionner :

  • Le prix de vente
  • Les conditions de la transaction (modalités de paiement, etc.)
  • La mention explicite de votre droit de préemption

Comment s'exerce ce droit ?

  1. Vous recevez le congé avec l'offre de vente
  2. Vous avez 2 mois pour accepter ou refuser
  3. Si vous acceptez, vous disposez de 2 mois supplémentaires pour finaliser l'achat (ou 4 mois si vous sollicitez un prêt immobilier)
  4. Si vous refusez ou ne répondez pas dans le délai, le propriétaire peut vendre à un tiers, mais aux mêmes conditions que celles qui vous ont été proposées. Si le prix baisse ou les conditions changent, vous retrouvez la priorité.

Quand le droit de préemption ne s'applique-t-il pas ?

  • Vente à un membre de la famille du propriétaire (jusqu'au 3e degré)
  • Vente d'un logement occupé (sans congé préalable)
  • Première mise en vente d'un logement après division d'un immeuble (vente par lot, avec protections spécifiques)
 

Peut-on vous expulser après la vente ?

Non. Le nouveau propriétaire ne peut pas vous expulser au seul motif qu'il a acheté le logement. Le bail est opposable à l'acquéreur, qu'il ait été signé avant ou après la vente.

S'il souhaite récupérer le logement pour l'habiter lui-même (ou un proche), il doit attendre la fin du bail en cours, puis donner un congé pour reprise, avec les mêmes conditions que le congé pour vente : 6 mois de préavis, formes légales, justification du projet d'habitation.

Les seules causes légitimes de résiliation en cours de bail

  • Loyers impayés (après commandement de payer et décision judiciaire)
  • Troubles graves de voisinage
  • Non-respect des obligations contractuelles

Toute expulsion sans décision de justice est illégale, quelle que soit la situation du propriétaire.
 

Congé frauduleux : comment vous défendre

Si vous suspectez que le congé qui vous est donné est abusif ou frauduleux (faux motif, vente rapide à un tiers à prix inférieur, pression pour partir), vous pouvez :

  1. Contester le congé devant le tribunal judiciaire dans un délai de 2 mois à compter de sa notification
  2. Demander des dommages et intérêts si le préjudice est avéré
  3. Solliciter votre réintégration dans le logement si le congé est annulé

Un avocat spécialisé en droit immobilier peut analyser la validité du congé et engager rapidement la procédure adaptée.
 

Ce que vous devez faire à réception d'un congé pour vente

  • Vérifiez les délais : le congé est-il notifié au moins 6 mois avant la fin du bail ?
  • Vérifiez la forme : lettre recommandée, huissier ou remise en main propre ?
  • Lisez attentivement l'offre : prix, conditions, mention du droit de préemption
  • Décidez dans les 2 mois : achat, refus, ou silence (= refus)
  • Conservez tous les courriers : ils seront vos pièces en cas de litige
  • Consultez un avocat si le congé vous semble irrégulier ou si vous hésitez à acheter
 

FAQ 

Mon propriétaire vend : suis-je obligé de partir ? Non, pas automatiquement. Si le logement est vendu occupé, vous restez en place avec le même bail. Si un congé pour vente vous est notifié, vous avez 6 mois de préavis avant la fin du bail, vous restez chez vous pendant toute cette période.

Puis-je refuser les visites d'acheteurs ? Non, vous ne pouvez pas interdire les visites, mais vous pouvez exiger qu'elles respectent les horaires légaux (maximum 2 heures par jour en jours ouvrables) et qu'un préavis raisonnable vous soit donné.

Le nouveau propriétaire peut-il augmenter mon loyer immédiatement après l'achat ? Non. Il reprend le bail en l'état et est soumis aux mêmes règles de révision de loyer que l'ancien propriétaire. Aucune augmentation n'est possible en dehors des mécanismes prévus par le contrat (clause d'indexation IRL).

Que faire si le congé m'a été notifié sans les 6 mois de préavis ? Ce congé est nul. Vous pouvez rester dans le logement, votre bail se renouvelle automatiquement. Consultez un avocat pour formaliser la nullité et vous protéger contre toute pression contraire.

Mon propriétaire vend à un prix inférieur à celui qu'il m'avait proposé. Que faire ? Vous retrouvez votre droit de préemption. Il est obligé de vous soumettre à nouveau l'offre aux nouvelles conditions. Vous avez à nouveau 2 mois pour accepter ou refuser.

Ai-je droit à une indemnité si je dois quitter le logement ? Dans le cadre d'un congé pour vente régulier, non. En revanche, si le congé est jugé frauduleux ou abusif par un tribunal, vous pouvez obtenir des dommages et intérêts.



Vous avez reçu un congé pour vente et vous souhaitez vérifier sa validité, exercer votre droit de préemption ou contester une procédure irrégulière ? Le cabinet CSJ Avocats à Lyon vous accompagne en droit immobilier locatif.

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